mercredi 8 avril 2015

La 5G : Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort

La cinquième génération de réseau mobile :
bientôt dans nos poches ?



Les nouveaux réseaux mobiles changent à peu près à chaque dizaine d’année. Depuis les années 1980, la première génération de téléphones cellulaires reposait uniquement sur de la technologie analogique (des signaux continus, à l’opposé du numérique aujourd’hui, c’est-à-dire des signaux dits « discrets »). Quand la deuxième génération a vu le jour en 1991, les réseaux ont commencé à se digitaliser, et dès 2001, la 3G a encore changé la donne.
Autour de 2010, la quatrième génération de réseaux mobiles a adopté la technologie IP (internet protocol), permettant ainsi aux appareils mobiles d’accéder à l’internet de façon simplifiée. Chaque changement de génération s’est basé sur des nouvelles bandes de fréquence, a permis des vitesses plus grandes, et s’est concentré surtout sur la transmission de données (en streaming) plutôt que de se contenter de pouvoir dialoguer avec un interlocuteur.


De nos jours, les opérateurs sans fil commencent à se demander qu’est-ce qu’ils pourraient bien inclure dans la cinquième génération de réseaux (la 5G). Il paraît évident que répondre à la demande grandissante des « Datavores » Google et Facebook se doit d’être pris en compte : il faut savoir que si les opérateurs téléphoniques s’en sortent assez bien, on peut espérer avoir des réseaux de cinquième génération en place d’ici 2020, Pas mal !

En réalité c’est peut-être un peu ambitieux comme objectif : quand on sait que les personnes en charge des lois sur la technologie de transmission des données ont une vision bridée par leurs propres fournisseur d’accès qui ne sont pas 5G, on peut se demander s’il y a raison d’avoir de l’espoir. Mais si espoir il doit y avoir, alors l’objectif serait d’avoir un véritable standard de données mondial : on permettrait aux voyageurs d’utiliser leur téléphone personnel partout sur la planète, sans avoir à s’embêter à changer de carte SIM à chaque débarquement d’avion…

Mais que peut-on véritablement attendre de la 5G ? A ce stade, une des quelques choses que l’on peut dire sans aucun doute à propos de la 5G c’est que si elle souhaite répondre absolument aux attentes des citoyens occidentaux de notre ère, les réseaux devront avoir une latence (un temps de réponse entre la requête d’une information et sa réception sur l’appareil) de l’ordre de la milliseconde. De nos jours, la vitesse à laquelle deux machines peuvent communiquer entre elles est, sur les réseaux 4G, d’environ 50 millisecondes, tandis que les « vieux » réseaux 3G que nous utilisons encore beaucoup ce temps de latence monte à 500 millisecondes (une demi seconde, quand même : rendez-vous compte !!).

Nous vivons dans l’ère du numérique, du tactile, et du clic facile, où chacun s’attend à pouvoir avoir tout, tout de suite, et sans faire d’effort, sans se déplacer (d’un coup de baguette… euh… de carte de crédit). Mais même la 4G est aujourd’hui loin d’être capable d’une rapidité telle qu’un système en cloud (comprenez « en réseau ») puisse transmettre par exemple des instructions d’urgence à des voitures sans chauffeurs qui se frayent un chemin à travers le trafic. La 4G n’est même pas capable de fournir une traduction parfaite en temps réel entre deux participants qui font une téléconférence, et encore moins guider un scalpel pendant qu’un chirurgien pratique une opération vitale à distance. La plupart des applications sans fil en « temps réel » ont et auront besoin d’une latence, d’un temps de réponse de l’ordre de la milliseconde tout au plus, et nous n’en sommes pas là…

Un autre besoin évident du réseau mobile du futur et dont nous avons déjà fait mention : le débit de données : il faudrait au moins commencer avec du 1Gbps (Gigabit par seconde, soient 1000Mbps !) et envisager de doubler ou tripler ce débit par la suite. En fait les utilisateurs ont besoin de cette vitesse de téléchargement pour streamer (visualiser sans téléchargement permanent) des vidéos en ultra haute définition (c’est-à-dire en résolution 4k, et bientôt en 8k !!) sur leurs téléphones mobiles et leurs tablettes.


Or de nos jours, les réseaux 4G basés sur la technologie LTE (anglais pour Evolution Long Terme) peuvent supporter entre 10 et 100 Megabits par seconde (Mbps), en fonction du modèle d’appareil et du trafic alentours. En fait la plupart des fournisseurs d’accès mobile sont encore en train de sortir leurs services LTE, et quelques-uns déploient le tout dernier équipement avancé LTE (qui est en fait la vraie 4G) qui culmine à 250Mbps (4 fois moins que le 1Gbps…).

Alors si la 5G tient effectivement ses promesses et que son 1Gbps évolue au fil des ans en 10Gbps, on pourra officiellement dire que l’on dépasse le débit obtenu dans nos maisons par la fibre optique, nos appareils mobiles seraient des véritables formules 1 de l’internet !


Mais Jamy, comment faire pour transmettre autant de données en un temps record de 1 seconde? Eh bien Fred, l’astuce est de se servir de plusieurs antennes-relais pour transmettre les informations, un peu comme remplacer une route de campagne avec une seule voie pour circuler par une autoroute à plusieurs voies. Aujourd’hui, trois ou quatre antennes s’occupent de la réception/transmission, mais que peut-on imaginer dans le cas de 10 ou même 100 ? Certainement un débit incroyablement plus grand, et une utilisation du spectre de fréquences bien plus efficace.

En réalité, la 5G pourrait correspondre tellement bien à nos attentes en termes de vitesse de connexion, de temps de latence, et d’accessibilité, qu’elle pourrait bien être l’ultime génération de réseaux sans fils. Non ?



Source : Your phone on steroids, The Economist [http://www.economist.com/news/science­and­technology/21646962­5g­mobile­wireless­will­be­faster­fibre­your­phone­steroids]

mardi 17 mars 2015

YouTube et ses YouTubers


YouTube : Les clefs d'un site web à succès 


Depuis sa création en 2005, et son rachat par Google un an plus tard (pour la modique somme de $1.6 Mds), les vidéos prolifèrent jour après jour sur YouTube, proposant ainsi au monde entier davantage de contenu de qualité différente et aux sujets d’une variété infinie, ou du moins ce que sept milliards d’humains peuvent imaginer et inventer.
Affichant un bénéfice en 2013 de près de $2 Mds pour un service entièrement virtuel, quelle est la recette du succès d’une telle compagnie ?

La grande force de YouTube, c’est qu’il est avant tout alimenté par des utilisateurs pour des utilisateurs, bien que des entreprises partenaires de YouTube comme CBS, Vevo, la BBC publient leur propre contenu.
Des vidéos insolites de petits chatons maladroits aux expériences farfelues d’un chimiste américain, en passant par un russe avec une kalachnikov dans chaque main qui tire sur des pastèques ; il y en a vraiment pour tous les goûts : qu’on soit passionné par un sujet, qu’on ait envie d’écouter de la musique, ou qu’on soit tout simplement curieux.

Capture d'écran réalisée sans trucage

Les habitudes de visite des utilisateurs de YouTube diffèrent : suivre une chaîne YouTube au fond, c’est un peu comme regarder la télé. On rentre chez soi après une longue journée, et on a accès à l'information en streaming, et aux nouveautés, à la musique; et ce de façon ciblée et rapide. A l'inverse, quelqu'un qui lit des articles en ligne peut parfois se retrouver sur YouTube via une vidéo intégrée au site.


Du côté de ceux qui publient, faire des vidéos sur YouTube ne représente qu'un passe-temps pour certains, mais c'est un véritable gagne-pain pour d’autres. Profiter au maximum du potentiel offert par YouTube, c'est le but d'un très grand nombre de YouTubers, qui se classent en plusieurs catégories :


Les tutoriels 

Aucun animal n'a été mis en danger dans cette vidéo
Qu'il s'agisse de cuisine, de makeup, d'apprendre à démonter la batterie d'un téléphone portable, les tutoriels ne manquent pas sur Youtube, et ont fait leurs preuves.
Le point fort de ce type de vidéo est que n’importe qui dans le monde peut partager des connaissances qu’il a acquises dans son coin. Ce faisant, il crée une sorte de challenge vis-à-vis des autres qui voudront améliorer leurs propres compétences en faisant l'essai, ajoutant leur pierre à l’édifice et faisant évoluer ce domaine de connaissance en particulier.


Pour des raisons budgétaires
la vidéo à été réalisée sans Sylvester Stallone

 Faire quelque chose de nouveau, apporter de la valeur ajoutée, montrer que n’importe qui peut faire lui-même quelque chose de ses mains est au coeur de ce type de vidéo.


Parmi les tutoriels : les vidéos d’accompagnement en sport représentent une bonne source de trafic, car à chaque entraînement pour chaque personne qui est sensée le faire régulièrement, une vue s'ajoute au compteur.



Casser deux iphones en 5 minutes
peut vous rapporter assez pour en acheter quatre
...

Les tests 

Ils sont de deux types : le hardware  où des personnes testent pour vous le tout dernier téléphone, poussent un ordinateur au bout de ses performances, ou pratiquent sur un nouveau gadget.
Le software : les jeux vidéos sont très populaires, car pour les personnes qui n'ont pas les moyens d'en acheter, ils peuvent vivre une expérience par la vidéo.
L’important est d’être dans les premiers à faire le test, et de se démarquer des autres.





Être payé pour raconter sa vie, un bon hobby

Les vidéos à caractère humoristique 

En France, Norman, Cyprien et tant d'autres ont percé en racontant leurs anecdotes de jeunesse. Loin d'avoir un égo surdimensionné, c'est plutôt leur caractère naturel qui plait. Pour faire le buzz, pas besoin de beaucoup de matériel : une caméra de bonne qualité et un peu d'éclairage permettent d'avoir l'air correct.
Etre le premier à poster pour eux n’est pas important, il s’agit juste de fidéliser une audience et de publier du contenu assez souvent.

Les vlogs et les Hauls


Les vlogs sont des blogs vidéo : à l'image des skyblogs apparus dans les années 2000 où chacun pouvait publier des posts sur n'importe quel sujet, certaines personnes se filment dans leur vie de tous les jours, font un montage pour une vidéo de 15 minutes et publient chaque jour.
Les hauls sont principalement orientés vers un public féminin, il s'agit d'acheter des articles et de les présenter tout en jugeant de leur qualité. C'est une adaptation des tests au milieu de la mode.
Ces Youtubeuses qui arrivent à fidéliser leur audience par la publication d'un maximum de vidéos chaque semaine sont souvent payées par des marques pour présenter les vêtements et faire de la publicité pour une marque. Elles reçoivent même des lots de vêtements pour les présenter, sous réserve qu'elles soient populaires sur YouTube. 

Les critiques

Les critiques cinéma, série télé, ou livre permettent une vision animée, avec un rendu plus personnalisé que les descriptions que l'on peut très bien trouver sur IMDB ou Amazon.









Quels sont les mécanismes de rémunération des Youtubers ?

Quand on publie une vidéo on peut la monétiser, il y a une option proposée par YouTube à partir d’un certain nombre de vues cumulées sur une chaîne ou bien un nombre d’abonnés.
A partir de ce moment les vidéos comportent des publicités plus ou moins grandes.
A chaque vue désormais, YouTube est payé par les entreprises qui proposent les pubs (il obtient une part de 45%), et la personne qui a publié peut recevoir 55%. Par exemple, un utilisateur ayant des pubs en pre-roll sur la moitié de ses vidéos pourrait recevoir environ 2$ pour 1000 vues via son partenariat avec YouTube.

Le problème est que tout utilisateur avec AdBlock, un bloqueur de publicité pour les navigateurs webs empêche la génération de revenus, car la publicité n’est pas visionnée.
Il faut savoir que les pre/mid/postroll ne rapportent pas la même chose, et les vidéos non désactivables rapportent plus que les simples bannières. Par ailleurs, les annonceurs ne paient pas de la même façon dans tous les pays. Enfin, si la chaîne est sponsorisée par une entreprise, la personne qui post peut recevoir jusqu’à 7$ par 1000 vues.

Pour donner un ordre de grandeur, La chaîne Smosh qui publie des sketch à ses 16M d'abonnés réalise environ un bénéfice de 100k$ par mois, tandis que PewDiePie sur sa chaîne de jeux-vidéos pour ses 22M d'abonnés fait 350k$ par mois...


Quel autre genre de freins au succès YouTube rencontre-t-il ?

Outre la censure, YouTube est concurrencé par des géants du streaming comme NetFlix.
Aussi, de plus en plus de plateformes permettent à chacun de publier du contenu original (on pense notamment à Vine, Instagram, etc.).
Enfin, pour tout ce qui est contenu musical, YouTube est une bonne plateforme pour visionner des clips, mais les utilisateurs visitant uniquement pour écouter peuvent aisément se tourner vers d'autres offres qui proposent le même contenu audio sans la vidéo, et surtout sans les pubs.

En plus de Google, Facebook, Twitter, Wikipaedia et d'autres sites d'information, la Chine censure YouTube pour tout le contenu notamment concernant le Tibet.
Que peut-on prévoir pour l'avenir de YouTube, quand on sait que le site est bloqué en Chine ? Les serveurs pourraient-ils supporter l'arrivée d'un grand nombre de nouveaux visiteurs (déjà 300 millions en 2009), si jamais la politique chinoise de censure venait à changer ?



Sources :

Chasing their star, on YouTube [2014, L. Kaufman]

YouTube sur Wikipaedia

YouTube blocked in China [2009, CNN]

$5,6Mds de revenus publicitaires en 2013 pour YouTube [2013, Zone-numérique.com]


mardi 3 février 2015

La Technophobie


La Technophobie, overdose d’un mode de vie
propre à notre génération


J’ai eu envie d’écrire ce blog en réaction à TECHNOPHOBE, un court-métrage de Cyprien Iov, un YouTuber connu notamment en France et dans le monde d’abord pour ses podcasts humoristiques sur la vie et pour ses tests de jeux vidéo.


Je considère principalement au cours de ce blog le sujet de la technophobie en tant que rejet des smartphones, tablettes, ordinateurs, et de la technologie au sens large, ainsi que la volonté d’une personne de faire sans et de vivre « déconnecté ».

Etant moi-même un féru de nouvelles technologies, capable de passer dix heures assis devant un écran d’ordinateur chaque jour quand ce n’est pas une TV ou un téléphone portable, je suis un acteur de la techno-tendance au cœur d’une préoccupation encore floue de notre génération.
J’insiste sur le « floue » car ce n’est pas quelque chose qu’on entend dans les médias, ni un problème sur lequel la recherche se penche avec beaucoup d’attention. Peut-être qu’un jour entre deux publicités on verra des annonces nous mettant en garde contre les ondes WiFi et Bluetooth, contre notre téléphone portable –il existe déjà une règlementation visant à limiter le DAS (Débit d'Absorption Spécifique) de nos mobiles cependant- ou le rayonnement de nos écrans. Il serait judicieux donc d’être avant-gardiste et couper son cellulaire, sa box internet et jeter son micro-ondes aux ordures…
Impensable, non ?

A vrai dire, de nos jours les gens ne peuvent se passer de technologie et moyens récents de communication, à moins de se retrouver hors course, à la traîne, complètement « Out ».
Attention je ne suis pas en train de dire que l’on ne peut pas vivre sans technologie, au même titre que manger ou boire. Je veux avant tout insister sur le fait qu’il y a un tel confort dans l’utilisation par exemple d’une tablette pour lire les nouvelles du monde, ou d’un smartphone pour communiquer rapidement et gratuitement, que l’homme d’aujourd’hui est malgré lui enclin à marginaliser les technophobes, ne les comprenant pas. « Pourquoi renoncer à tant de simplicité et d’aisance ? Qui voudrait se compliquer la vie en reprenant les habitudes du siècle dernier ?».



Dans le court-métrage de Cyprien, on voit son personnage accepter sa situation de personne allergique à la technologie : tout appareil électronique inventé il y a moins de dix ans brûle son corps.
Les conséquences immédiates sur sa vie sociale et au travail sont désastreuses.

Revenons un instant une génération en arrière : un ordinateur tient à peine dans un bureau et fonctionne seul, hors réseau. Les communications téléphoniques sont réalisées grâce à des opérateurs dans votre région qui s’occupent de brancher et débrancher des câbles à longueur de journée. Personne ne réalise alors que quelques décennies plus tard il y aurait plus de cellulaires que d’êtres humains. Tandis qu’aujourd’hui je parle à mon téléphone pour lui demander quel temps il fera demain en Abitibi ou encore quel est le dernier titre de Madonna, alors qu’un ordinateur tient dans la main et peut faire plus de calculs que l’ensemble des cerveaux de mon groupe de travail en E-Commerce.
Tout est automatisé dans nos vies et des Giga transferts de données ont lieu sans que l’on s’en rende compte : nous sommes habitués à la technologie, et elle évolue en s’immisçant de plus en plus dans notre quotidien.


Que feriez-vous à la place  de Cyprien s’il vous était impossible de travailler sur un ordinateur au bureau ou bien en classe ? Si vous n’étiez plus en mesure de répondre à un message texte ou un appel important ? Si vous n’aviez plus de moyens d’être au courant des sorties et activités de vos amis et connaissances sans aller les voir directement ?


Bref, vous comprenez ce que je veux dire par « déconnecté ». A ce stade vous vous demandez sûrement depuis un bon moment où je veux en venir. N’est-ce pas un peu paradoxal de vouloir décrier Internet et la technologie via un blog détenu par Google ? Ou comme Cyprien via une vidéo virale sur YouTube ?
C’est là que je veux en venir : en aucun cas je ne souhaite ranger mon téléphone et débrancher mon ordinateur pour toujours. A l’instar du YouTuber, j’espère faire prendre conscience aux gens que faire une pause de temps en temps, prendre un bon livre qui sent le papier frais, développer des photos et toucher le papier glacé sous ses doigts, ou rendre visite à sa grand-mère sont des petits moments de vie réelle et sensible.



Si notre rapport personnel à la technologie et l’influence directe et remarquable de celle-ci sur notre vie de tous les jours est discutable, faut-il davantage s’inquiéter de l’impact des progrès techniques sur notre santé, sur notre écosystème, sur l’éthique, sachant que la biométrie et la vidéosurveillance sont devenues monnaie courante dans nos sociétés contrôlées « pour notre bien » ?