La Technophobie, overdose d’un mode
de vie
propre à notre génération
J’ai eu envie d’écrire ce blog en
réaction à TECHNOPHOBE, un
court-métrage de Cyprien Iov, un YouTuber connu notamment en France et dans le
monde d’abord pour ses podcasts humoristiques sur la vie et pour ses tests de
jeux vidéo.
Je considère principalement au cours de ce blog le sujet de
la technophobie en tant que rejet des smartphones, tablettes, ordinateurs, et de
la technologie au sens large, ainsi que la volonté d’une personne de faire sans et de
vivre « déconnecté ».
Etant moi-même un féru de nouvelles technologies, capable de
passer dix heures assis devant un écran d’ordinateur chaque jour quand ce n’est
pas une TV ou un téléphone portable, je suis un acteur de la techno-tendance au
cœur d’une préoccupation encore floue de notre génération.
J’insiste sur le « floue » car ce n’est pas
quelque chose qu’on entend dans les médias, ni un problème sur lequel la
recherche se penche avec beaucoup d’attention. Peut-être qu’un jour entre deux
publicités on verra des annonces nous mettant en garde contre les ondes WiFi et
Bluetooth, contre notre téléphone portable –il existe déjà une règlementation
visant à limiter le DAS (Débit d'Absorption Spécifique) de nos mobiles cependant- ou le rayonnement de nos
écrans. Il serait judicieux donc d’être avant-gardiste et couper son
cellulaire, sa box internet et jeter son micro-ondes aux ordures…
Impensable, non ?
A vrai dire, de nos jours les gens ne peuvent se passer de
technologie et moyens récents de communication, à moins de se retrouver hors
course, à la traîne, complètement « Out ».
Attention je ne suis pas en train de dire que l’on ne peut pas vivre sans
technologie, au même titre que manger ou boire. Je veux avant tout insister sur
le fait qu’il y a un tel confort dans l’utilisation par exemple d’une tablette
pour lire les nouvelles du monde, ou d’un smartphone pour communiquer
rapidement et gratuitement, que l’homme d’aujourd’hui est malgré lui enclin à marginaliser
les technophobes, ne les comprenant pas. « Pourquoi renoncer à tant de
simplicité et d’aisance ? Qui voudrait se compliquer la vie en
reprenant les habitudes du siècle dernier ?».
Dans le court-métrage de Cyprien, on voit son personnage
accepter sa situation de personne allergique à la technologie : tout
appareil électronique inventé il y a moins de dix ans brûle son corps.
Les conséquences immédiates sur sa vie sociale et au travail sont désastreuses.
Revenons un instant une génération en arrière : un
ordinateur tient à peine dans un bureau et fonctionne seul, hors réseau. Les
communications téléphoniques sont réalisées grâce à des opérateurs dans votre
région qui s’occupent de brancher et débrancher des câbles à longueur de
journée. Personne ne réalise alors que quelques décennies plus tard il y aurait
plus de cellulaires que d’êtres humains. Tandis qu’aujourd’hui je parle à mon
téléphone pour lui demander quel temps il fera demain en Abitibi ou encore quel
est le dernier titre de Madonna, alors qu’un ordinateur tient dans la main et
peut faire plus de calculs que l’ensemble des cerveaux de mon groupe de travail
en E-Commerce.
Tout est automatisé dans nos vies et des Giga transferts de données ont lieu
sans que l’on s’en rende compte : nous sommes habitués à la technologie,
et elle évolue en s’immisçant de plus en plus dans notre quotidien.
Que feriez-vous à la place de Cyprien s’il vous était impossible de travailler sur un ordinateur
au bureau ou bien en classe ? Si vous n’étiez plus en mesure de répondre à un
message texte ou un appel important ? Si vous n’aviez plus de moyens d’être
au courant des sorties et activités de vos amis et connaissances sans aller les
voir directement ?
Bref, vous comprenez ce que je veux dire par « déconnecté ».
A ce stade vous vous demandez sûrement depuis un bon moment où je veux en venir.
N’est-ce pas un peu paradoxal de vouloir décrier Internet et la technologie via
un blog détenu par Google ? Ou comme Cyprien via une vidéo virale sur YouTube ?
C’est là que je veux en venir : en aucun cas je ne souhaite ranger mon
téléphone et débrancher mon ordinateur pour toujours. A l’instar du YouTuber, j’espère
faire prendre conscience aux gens que faire une pause de temps en temps,
prendre un bon livre qui sent le papier frais, développer des photos et toucher
le papier glacé sous ses doigts, ou rendre visite à sa grand-mère sont des
petits moments de vie réelle et sensible.
Si notre rapport personnel à la technologie et l’influence
directe et remarquable de celle-ci sur notre vie de tous les jours est
discutable, faut-il davantage s’inquiéter de l’impact des progrès techniques
sur notre santé, sur notre écosystème, sur l’éthique, sachant que la biométrie
et la vidéosurveillance sont devenues monnaie courante dans nos sociétés
contrôlées « pour notre bien » ?